Terres Numériques

L’Ardèche et la Drôme à l’heure des services « smart »

Illustration3ADTIM raccorde 664 logements sociaux en FTTH, et déploie un kiosque de services dédié à la consommation énergétique des locataires

Créer un nouveau modèle d’accès à des services « à la carte » sur un réseau de fibre activé : tel est l’objectif du projet Sustain-ICT porté par le Pôle Numérique (Living Lab), en partenariat avec le Syndicat Mixte Ardèche Drôme Numérique (ADN), ADTIM (le délégataire du réseau public de télécommunications ADN), les sociétés Cari Electronique et Inoveo, ainsi que trois bailleurs sociaux (Drôme Aménagement Habitat, Ardèche Habitat, OPH de Valence).

Pour concrétiser ce projet, le Pôle Numérique s’est appuyé sur le programme européen Life+ et a donné naissance à un projet expérimental de kiosque de services dont les premiers objectifs sont une réduction des émissions de CO2 de 20% issues d’une meilleure gestion de l’habitat social et du co-voiturage.

Quatre sites pilotes testent les nouveaux services

Depuis sa mise en œuvre en octobre 2014, Sustain-ICT permet aux habitants des logements sociaux de mesurer leurs dépenses énergétiques, de réguler leurs consommations d’eau et d’accéder à un réseau social de co-voiturage. Ce projet vise à démontrer que la mise en place de systèmes interactifs innovants a des impacts positifs sur l’environnement.

Quatre sites pilotes ont été retenus pour tester ces nouveaux services, à Valence, Pierrelatte, Privas et Annonay. 664 logements (répartis dans 40 immeubles) ont ainsi été raccordés par ADTIM au réseau fibre optique Ardèche Drôme Numérique (ADN).

« Ces 664 logements pilotes font partie des 11 000 logements sociaux que nous avons déjà raccordés en fibre optique (FTTH) au réseau ADN. Nous espérons qu’à l’issue de l’expérimentation, les partenaires publics et privés vont choisir d’étendre le dispositif à l’ensemble des logements sociaux disposant déjà de la fibre optique. Dans cette hypothèse, il sera alors possible d’accueillir et transporter de nouveaux services innovants utiles aux bailleurs et locataires », explique David Lenthéric, Directeur d’ADTIM.

Afin de déterminer l’impact positif de ce dispositif sur l’environnement, notamment en matière de consommation énergétique mais aussi de transport (co-voiturage), la consommation énergétique de ces 664 logements sociaux est comparée avec celle de logements équivalents non équipés sur ces mêmes sites pilotes. Un premier bilan d’étape sera effectué en octobre 2015, soit un peu plus d’un an après la mise en œuvre du projet ; un bilan final de l’opération sera établi fin 2015.

« Sustain-ICT vise à démontrer, dans des conditions réelles, que le numérique peut contribuer à réduire les gaspillages dans les logements, en développant des réseaux intelligents, qu’on appelle les smart grids. Les technologies numériques permettent d’optimiser la distribution et la consommation d’énergie et d’eau, ainsi que sécuriser les réseaux et d’en réduire les coûts de maintenance », explique Clément Seite, responsable du projet au Pôle Numérique.

Illustration2Vers une évolution des comportements des usagers

Le dispositif de gestion énergétique fonctionne grâce à plusieurs équipements intelligents installés à l’intérieur des logements : compteur d’eau, compteur électricité, capteur sans fil de température. Sur le « Kiosk de services » ouvert sur le réseau ADN, et baptisé « Mon éventail », les usagers bénéficient de :

– un accès aux consommations d’énergie et d’eau en temps réel, afin de favoriser une meilleure maîtrise des consommations. Les mesures des capteurs sont collectées et accessibles sur un écran connecté (tablette, ordinateur, TV) par les locataires et par les bailleurs, par une interface dédiée, en ligne.

– un réseau social de co-voiturage permettant de rechercher par affinité des personnes habitant ou travaillant à proximité pour co-voiturer. Ce service complète le projet de co-voiturage engagé par les départements de l’Ardèche et de la Drôme pour la mise en relation des co-voitureurs via le site internet www.ecovoiturage0726.fr.

« Ce projet nécessite un fort accompagnement des usagers dans l’évolution de leurs comportements et une large communication pour en assurer le succès. Il faut assurer un suivi personnalisé avec chaque locataire, soit en faisant du porte à porte, soit sur prise de rendez-vous », souligne Clément Seite.

Illustration1Le numérique rénove la communication entre bailleurs sociaux et locataires

Au travers de cette expérimentation les bailleurs sociaux souhaitent avoir un retour objectif sur les gains financiers liés à la rénovation énergétique des bâtiments. Plusieurs protocoles de gestion énergétique sont testés : soit par un pilotage au niveau des logements par les habitants via un kiosque de services, soit par un pilotage au niveau du bâtiment par le gestionnaire.

Samuel Carpentier, Directeur d’Ardèche Habitat explique : « Cet outil nous permet d’améliorer la qualité du service à rendre au locataire et complète parfaitement notre démarche de maîtrise des charges pour leur compte. En tant que bailleur social, nous nous devons de travailler sur ces évolutions. Elles sont  nécessaires aussi bien pour le locataire qui traitera les informations reçues ou les messages à émettre que pour notre établissement qui évolue et s’adapte dans sa relation avec les locataires et les moyens de communiquer avec eux pour une plus grande efficience. »

A terme, le kiosque pourra s’enrichir de nouveaux services à la carte, dans le domaine de l’habitat social mais pas seulement, comme David Lenthéric Directeur d’ADTIM l’appelle de ses voeux : «Le raccordement de l’habitat social au très haut débit facilite l’émergence de solutions innovantes. Ce dispositif montre que nous pouvons transporter sur les réseaux publics d’autres services que ceux habituellement proposés dans les box des opérateurs et par là-même, valoriser une fois de plus les investissements publics réalisés pour le déploiement du réseau ADN. Nous pensons que tous les acteurs publics ou parapublics  pourront mettre à profit ces liaisons numériques pour proposer des  services en matière de santé, d’éducation ou d’emploi.»

« Ce projet valorise une politique numérique bi-départementale tournée vers le respect de l’environnement. Il permet d’apporter les premiers services innovants visant à améliorer la qualité de vie des foyers raccordés au Très Haut Débit. Il s’inscrit pleinement dans la logique « Développement Durable » promue par les départements et permet de mettre en exergue plusieurs politiques majeures des départements (logement, énergie, mobilité, solidarités) » conclut Clément Seite.

Un projet soutenu dès 2011 par la Commission Européenne et du programme Life+

La conception et la réalisation du projet Sustain-ICT s’inscrivent directement dans le cadre d’un appel à projets européen lancé il y a près de 4 ans. En 2011, le Pôle Numérique a choisi de répondre à l’appel à projet « LIFE+* Environment Policy and Governance » afin de mener un projet original en matière d’énergie et de développement durable. Pour ce faire, il a réuni autour de lui un consortium composé d’acteurs publics, parapublics et privés : le Syndicat Mixte Ardèche Drôme Numérique (ADN) et son délégataire ADTIM (filiale d’Axione), les sociétés Cari Electronique et Inoveo**, les bailleurs sociaux de Drôme et d’Ardèche (Drôme Aménagement Habitat, Ardèche Habitat, OPH de Valence). En 2012, le projet est retenu par l’Europe dans le cadre du programme Life+.

(*) Le programme LIFE+ vise à soutenir les initiatives qui contribuent à la mise en œuvre de la politique européenne environnementale et au développement d’approches politiques innovantes (technologies, méthodes et produits).
(**) Cari Electronique conçoit les capteurs innovants tandis qu’Inoveo met en place les compteurs (par lesquels sont collectées les données) et restitue les données énergétiques. Inoveo est opérateur de service de la performance énergétique.

Voir l’article en ligne sur axione.fr

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